Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 22:25

 


Le-monde-dHannah-Ariane-Bois-copie-1.jpgBien que je ne sois pas de la communauté littéraire, je tiens à apporter mon sentiment sur ce chef d’œuvre unique en son genre. Ceci n’est pas la réaction de quelqu’un qui prétend être du niveau d’un critique littéraire, c’est juste un bref point de vue sur le captivant ouvrage d’Ariane Bois (paru aux éditions Laffont) sur l’histoire ô combien méconnue d’une communauté turque et juive en 1939.

 

C’est un petit joyau de manuscrit qui relate l’universalité, le monde. On a rarement lu des pages aussi fortes que celles de ce livre intime et marquant. Ce livre intitulé « Le Monde d’Hannah » traite d’un oubli des manuels d'Histoire: la tragédie des Juifs turcs durant l’Occupation qui vivaient dans la « Petite Istanbul », un quartier populaire du XIe arrondissement parisien, qui rassemble une communauté judéo-espagnole joyeuse et attachante entre temps.... Dans cet ouvrage, la romancière retrace à merveille l’existence de ces personnes ordinaires happées par les tourments extraordinaires de l’Histoire. Rien a été oublié : le décor, l’atmosphère de l’époque, les odeurs, les paroles et ce credo de la part de la mère d’Hannah : « Ne nous fais pas honte. » Puis, les traques, la spoliation, les humiliations, la fuite, la disparition des proches.

 

D’une écriture lumineuse et épurée, Ariane Bois nous offre un roman poignant sur la condition juive à l’aune des tragédies de la Seconde Guerre Mondiale. De plus, l’angle de vue choisi pour ce roman est assez original : ainsi, le narrateur est une petite fille de neuf ans qui découvre les duretés de ce bas-monde au fil des pages. C’est l’innocence confrontée au mal, la pureté à la cruauté, la tolérance au racisme et l’abjection… Outre l’aspect romanesque de ce récit, nous avons pu constater que l’auteur a profondément documenté son ouvrage, renforçant encore son aspect véridique et bouleversant. « Le Monde d’Hannah » est un roman d’initiation, où deux enfants apprennent à se construire malgré les déchirements et les avanies subies. Et toujours, en toile de fond, l’amitié, cette amitié intense, qui déplace les montagnes et qui permet de surmonter les épreuves. Forte de son histoire familiale, Ariane Bois nous livre un manuscrit qui renouvelle l’approche de la « Shoah » et nous permet de découvrir une petite partie méconnue de ce drame affreux. Plus encore, c’est la description des différents lieux de mémoires à travers l’Europe qui nous est contée et qui nous rappelle à tous que le devoir de mémoire est indispensable pour que jamais, plus jamais, une pareille abomination ne se reproduise. Le souvenir du passé pour construire l’avenir. Et comme on le dit chez nous en Afrique, « «  Quand on ne sait pas d’où on vient, on se sait pas où on va  ».

 

Mohamed Saleh Ibni Oumar

Humanitaire tchadien

 

 

Par MOVE4CHAD - Publié dans : CULTURE ET SOCIETE
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