Partager l'article ! Mieux Comprendre la tragédie du Darfour: Le Darfour est une région de la taille de la France. L’hécatombe s’y comptabilise aujo ...
Le Darfour est une région de la taille de la France. L’hécatombe s’y comptabilise aujourd’hui à près de 10 000 morts par mois.
Selon la version officielle, il ne s'agirait, ni plus ni moins, que d'un conflit relatif aux ressources naturelles en eau et en pétrole, toute cette affaire ayant été inventée par
l'ambassade américaine et les ONG, le gouvernement de Khartoum n'y étant bien sûr pour rien.
A l’appui de cette thèse, le fait que Colin Powell a, alors qu’il soutenait Bush au cours de sa campagne électorale, été le premier à prendre une position ferme contre ce régime. Depuis,
le Président américain, a, en personne, déclaré que le drame du Darfour était constitutif d'un génocide.
Et pourtant, en dépit de nombreux témoignages relatifs aux atrocités commises au Darfour, l'indifférence demeure.
Tenter de donner un nom à cette tragédie de ce début de 21ème siècle ressortit aujourd’hui d’une bataille sémantique et idéologique. Une chose est sûre : ce sont des crimes, ce sont
des crimes racistes.
Les démocraties sont toujours parvenues à tenter de justifier leur inaction en se réfugiant derrière des prétextes pseudo-culturels tels que la poudrière des Balkans ou bien encore
les guerres tribales ancestrales au Rwanda. Pour ce qui est de l’actuelle tragédie du Darfour, sont aujourd’hui invoqués aussi bien le prétexte juridique de la souveraineté du Soudan que
le débat sémantique relatif à la question de savoir si les massacres en cours sont caractéristiques ou non d’un génocide.
L’objectif de Sauver Le Darfour est de rétablir la vérité des faits, analyser, expliquer, faire comprendre au plus large public la nature du conflit pour sensibiliser et donner envie
d’agir face au drame du Darfour.
Le gouvernement soudanais est issu d'un coup d'Etat qui a installé au pouvoir une tendance qui représente à peine 10% de l’électorat. Ce pouvoir est donc parfaitement illégitime. Par ailleurs, ce régime n’est ni démocratique ni pacifique.
En 1989, le gouvernement et le Parlement démocratiquement élus s'apprêtaient à faire la paix avec le Sud-Soudan ainsi qu’à supprimer la charia, une Loi islamique selon
laquelle les non-musulmans de cette région étaient considérés comme des citoyens de seconde classe.
Sauver la charia fut dès lors l’idée forte du mouvement des Frères Musulmans, qui, battu trois ans plus tôt aux élections avec moins de 10% des voix, décida de
reprendre, par la force, les rênes du pouvoir.
Le mouvement attendit d'avoir les rouages de l'Etat bien en main avant de révéler sa nature fondamentaliste, date à laquelle fut mis en place un régime brutal et totalitaire,
associé à des services de sécurité qui enlevèrent, torturèrent ou tuèrent les opposants présumés, et ce à travers tout le pays.
La guerre contre le Sud-Soudan reprit tout en étant cette fois qualifiée de djihad par les autorités de Khartoum. L'ONU a depuis qualifié les actes de ce nouveau régime au Sud-Soudan de
crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.
Six millions d'habitants vivent au Darfour : l'essentiel sont des "noirs" africains le reste sont des "arabes". En réalité, les tribus dites arabes sont des populations arabisées qui semblent
avoir un teint un peu plus clair. Mais au Darfour, attaquants aussi bien qu’attaqués sont musulmans.
Le partage inégal des richesses naturelles entre les habitants de la capitale et le Darfour était flagrant. Les Darfouriens n'ont jamais profité de la manne pétrolière.
En dépit du sous-développement de l’Ouest soudanais, la coexistence entre "noirs" et "arabes" a longtemps été pacifique, comme le montrent les nombreux mariages mixtes
d’alors.
Pacifique jusqu’à ce que le Gouvernement de Khartoum théorise le concept d'infériorité des « africains noirs » par rapport aux « arabes », le terme "nègre" étant alors remis en
service pour l’occasion, la question du droit des " noirs " à vivre au Darfour étant alors ouvertement posée.
En 1987 : le Congrès Arabe décréta la suprématie arabe, attribuant à la population arabe la mission de " créer la civilisation dans la région "…
En 1995 : les structures traditionnelles de gouvernance furent démantelées afin que les leaders soient remplacés par des officiels acquis à la cause du gouvernement.
Après les gains politiques (élections libres dans 3 ans) et financiers obtenus finalement par les rebelles du Sud, ceux de l'Ouest comprirent que seul le langage des armes était susceptible
d’être entendu par Khartoum. Ils se rebellèrent.
Depuis février 2003, le Darfour est déchiré par une guerre civile dans laquelle le régime islamiste de Khartoum, s'appuie sur les tribus musulmanes "arabes" pour, par le biais des
milices janjaweed, massacrer les tribus musulmanes "africaines" contestataires de l'Ouest du pays.
Le Mouvement de Libération du Soudan (SLM, Sudan Liberation Movement) est le mouvement rebelle laïque qui fut à l'origine de l'insurrection au Darfour en février 2003.
A cette date, la branche armée du SLM, l'Armée de Libération du Soudan (SLA, Sudan Liberation Army), a pris les armes contre le gouvernement, estimant qu'il ne protégeait pas
suffisamment les habitants du Darfour et que cette région était marginalisée et sous-développée. Ce groupe armé est principalement soutenu par les cultivateurs de la région.
Un autre groupe, le Mouvement Justice et Egalité (JEM, Justice and Egality Movement), a également fait son apparition
Les tribus africaines du Darfour (en particulier les Four, les Zaghawa et les Massalit) composent le gros des contingents des deux mouvements rebelles.
C’est parce qu’il ne parvenait pas à mater cette rébellion par le biais de l'armée régulière dont bon nombre de sous-officiers étaient issus des tribus précitées, que le gouvernement
soudanais appela les tribus arabisées du Darfour à faire la guerre contre les tribus africaines du Darfour. Ces tribus furent surnommées Janjawids, ce qui signifie hommes armés à
cheval.
| "Le Darfour c'est l'enfer sur terre" (K.Annan) | Témoignages de victimes |
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Les chiffres de plus de 300 000 morts, 230 000 réfugiés et plus de 2 millions de déplacés ne peuvent s'expliquer que par une politique de terreur organisée par le pouvoir soudanais et ses
milices |
"Je vivais avec ma famille à Tawila et j'allais à l'école quand, un jour, les Janjawids sont arrivés et ont attaqué l'école. On a tous essayé de sortir de l'école mais on a entendu
des bruits de bombardement et on a commencé à courir dans tous les sens. Les Janjawids ont attrapé plusieurs filles : j'ai été violée par quatre hommes à l'intérieur de
l'école. Quand je suis revenue, j'ai découvert qu'ils avaient détruit tous les bâtiments. |
Les forces gouvernementales se sont parfois jointes aux attaques des villages par les Janjawids. Des avions du gouvernement ont notamment bombardé des villages immédiatement avant leurs
incursions
Si des camps de réfugiés ont bien été installés, la situation reste dramatique à leurs alentours.
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Qualifiées par la commission d'enquête de l'ONU de crimes contre l'humanité, les exactions commises depuis maintenant trois ans au Darfour plongent la population dans l'horreur
des massacres, des exodes forcés et de la famine |
La liberté de circulation des journalistes fait également l'objet d'entraves importantes par le gouvernement soudanais. Ainsi en est-il du photographe Brad Clift, ce journaliste
américain de Hartford Courant qui a été arrêté pour avoir pris des photos des camps au Darfour
La communauté internationale doit passer outre le refus du régime illégitime de Khartoum (arrivé au pouvoir par un coup d'Etat) d'accueillir des Casques bleus et cesser de se
servir de la sémantique (certains responsables notamment américains parlant de "génocide" d'autres récusant ce terme) comme prétexte à la non-intervention
Il suffirait que deux avions (de la communauté internationale) décollent pour que cela cesse !
La mission de l'Union africaine (UA), qui doit se prolonger jusqu'à fin 2006, est sous-payée, sous-équipée, et dépourvue de mandat, estime Sauver Le
Darfour, qui réclame également des élections libres sous supervision de l'ONU.
La France doit prendre l'initiative d'un vote d'une résolution de l'ONU organisant le déploiement de Casques bleus dans la région soudanaise du Darfour.
Cette force d'interposition aidera à la paix ainsi qu'à la stabilité du Soudan et de la région.
La communauté internationale peine à faire cesser ces crimes, étant donné l'importance des enjeux géostratégiques.
Or il s'agit de l'avenir de l'Afrique, de sa démocratisation ainsi que du changement de comportement des Etats démocratiques vis à vis des régimes totalitaires.
Les blocages sont réels, le gouvernement de Khartoum achetant ses alliés.
En dépit de leur opposition à l'embargo sur l'exportation du pétrole ou sur l'importation des armes, le Conseil de Sécurité a su voter cinq résolutions en faveur du
Darfour
L'action de l'ONU a permis que les attaques de villages ne soient plus systématiquement précédées par des bombardements de l'aviation soudanaise. Elle a également permis que cesse le rapatriement
forcé des déplacés. La résolution du 18 Septembre 2004 a prévu le jugement des criminels par la Cour pénale internationale
Le déploiement d'une force internationale d'interposition fait toujours l'objet d'âpres négociations entre les membres du Conseil de sécurité de l'ONU ainsi qu'entre l'ONU et le
régime de Khartoum.
Ce déploiement est de plus en plus urgent, car tout le monde est conscient qu'actuellement l'Union Africaine est incapable d'assurer la stabilité et la paix dans la région, quand bien
même elle contribue beaucoup à améliorer la sécurité dans les zones où elle est déployée.
Des pourparlers ont abouti à un cessez-le-feu qui n'a jamais été respecté : une force a bien été envoyée au Darfour par l'Union Africaine, mais elle n'a pour seul mandat que celui
consistant à noter les non-respects du cessez le feu. Aucune autorisation ne lui a été conférée lui permettant d'intervenir aux fins de protéger les populations
Aujourd'hui il faut un nouveau mandat de l'ONU pour une force d'interposition fondée sur l'article 42 du Chapitre VII de la Charte des Nations unies
Seule la mobilisation citoyenne permettra de faire pression sur les décideurs pour obtenir l'envoi d'une force de paix au Darfour
La mémoire n'a de sens que si elle est active, la commisération autour du génocide des Tutsi du Rwanda ne sert à rien si on continue à demeurer INDIFFERENT face à un
génocide qui se déroule sous nos yeux
Aux Etats-Unis et en Angleterre la mobilisation citoyenne est importante. Il est temps de construire un rapport de force permettant de faire des mobilisations française et européenne un
pivot de l'action en faveur du Darfour.
L'association Sauver Le Darfour, SLD a pour buts de :