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Ce thème a fait l’objet d’une table ronde animée le vendredi 16 septembre 2011 au CEFOD. Sur le plateau comme intervenants, mesdames Lydie
Asngar, Directrice de la Promotion féminine et de l’Intégration du genre ; Nicole Moguelta, spécialiste en genre à l’UNFPA ; Rosine Djibergui, Présidente de la CELIAF (Cellule de Liaison
de Associations Féminines) et M. Koï Pierrot Ganda, journaliste et Coordonateur du Réseau des Journalistes en Population pour le Tchad et l’Afrique Centrale..
D’emblée, le débat a été ouvert par la définition du concept de « violences basées sur le genre » ou « VBG ». De manière
générale, répond Nicole Moguelta, ce terme renferme les violences dirigées à l’égard d’une personne en fonction de son genre; et cela peut-être le sexe ou le statut social. Mais les
Nations Unies vont plus loin et précisent que c’est l’ensemble des actes qui peuvent poser des préjudices sur le plan physique, moral ou sexuel à l’endroit des femmes. Une définition qui
a fait dire à l’un des animateurs qu’ « il y a pourtant des hommes aussi qui sont victimes de violences ? ».
Une interrogation quelque peu provocatrice qui a suscité une réponse tout au moins ironique de la part de la présidente
de la CELIAF pour qui : « puisque pour le moment, les hommes ne se plaignent pas officiellement pour les violences à leur encontre, nous allons nous occuper des femmes ». Pour les autres
intervenants, il ne s’agit pas de favoriser particulièrement les femmes, mais il est question de regarder de très près ce qui se passe dans ce domaine et chercher à y remédier car quoi
qu’on dise, les femmes sont réellement vulnérables et marginalisées. Aussi, il est mal vu dans nos sociétés qu’un homme se plaigne ouvertement, car c’est honteux.
En terme de typologie, les « VBG » sont de différentes catégories. Ainsi, il y a les violences physiques telles que les
bagarres ou le viol qui laissent des traces sur le corps ; les violences psychologiques qui regroupent les injures, les insultes, le harcèlement sexuel ou le refus par le mari de manger
le repas de sa femme ; les violences institutionnalisées à savoir les pratiques traditionnelles néfastes comme le mariage forcé, l’excision, le lévirat ou le sororat et enfin les
violences dites émergentes telles que le viol utilisé en temps de guerre.
Autre handicap qui bloque sérieusement les femmes et sur lequel a beaucoup insisté Koï Pierrot Ganda, c’est le faible
pouvoir d’achat ou l’absence de pouvoir de décision. Ce qui fait que, par exemple, « si une femme en travail doit se faire opérer (césarienne), il faut d’abord avoir l’accord du mari ».
Toutes ces violences ont des conséquences graves qui vont des blessures ou assassinats aux troubles psychologiques en passant par la perte de l’estime de soi et la culpabilité.
La situation des femmes face aux violences est donc une réalité qu’on ne pourrait négliger ni en faire un sujet de
plaisanterie. C’est ainsi qu’il y a toute une série de déclarations et de résolutions qui permettent de lutter contre ces pratiques dégradantes.
Sur le plan international, il y a entre autres la Convention pour l’Elimination de toute forme de Discrimination à
l’égard des Femmes, la CEDEF considérée comme la Bible des Nations Unies et qui doit être possédée par tous les pays membres et récemment, les résolutions 1325 et 1820 qui mettent en
exergue ces questions.
Au Tchad, il y a toute une série de textes et d’actions menées aussi dans ce sens. L’on peut citer la Constitution, la
politique nationale de population, le plan national de lutte contre les Mutilations génitales féminines ainsi que les campagnes de sensibilisation et d’information de la Société civile
axées sur les droits de l’Homme en général et les violences faites aux femmes en particulier.
Si l’environnement juridique plus ou moins favorable et le combat de la Société civile sont à saluer, il reste encore
beaucoup à faire, et le véritable pas qu’il faut franchir, selon la présidente de la CELIAF, c’est l’adoption d’un nouveau code de famille car « le code utilisé actuellement pour punir
les auteurs de violences date de 1967 et cela constitue un handicap qui limite les actions ».
Khadidja Toloumbaye
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